chiffonner


chiffonner

chiffonner [ ʃifɔne ] v. <conjug. : 1>
• 1673; autre sens 1657; de chiffon
I V. tr.
1Froisser, mettre en chiffon. bouchonner, friper, froisser. Chiffonner une robe, un vêtement. Pronom. Tissu qui se chiffonne, qui garde les faux plis. — Par ext. « Quelque lettre qu'il déchire ou chiffonne un moment après » (Rousseau).
2Fig. Ennuyer. Cela me chiffonne. 1. chagriner, contrarier, intriguer. « je puis te dire ce qui me chiffonne l'esprit » (Balzac).
II V. intr. S'intéresser à des chiffons, s'occuper à de petits travaux de couture. Les femmes « qui sont occupées à chiffonner et à pouponner » (Alain). ⊗ CONTR. Défroisser, repasser.

chiffonner verbe transitif (de chiffon) Froisser un tissu, un papier, leur donner des faux plis. Familier. Préoccuper quelqu'un, le tracasser, le contrarier : Cette affaire me chiffonne.chiffonner (synonymes) verbe transitif (de chiffon) Froisser un tissu, un papier, leur donner des faux plis.
Synonymes :
Contraires :
- défroisser
Familier. Préoccuper quelqu'un, le tracasser, le contrarier
Synonymes :
- défriser (familier)
- embêter (familier)

chiffonner
v.
rI./r v. tr.
d1./d Froisser.
|| v. Pron. Ma robe s'est chiffonnée.
d2./d Fig., Fam. Contrarier, chagriner. Il y a qqch qui me chiffonne dans ce que vous dites.
rII./r v. intr.
d1./d S'occuper de vêtements, de toilettes féminines.
d2./d Exercer l'activité de chiffonnier.

⇒CHIFFONNER, verbe trans.
A.— [Le compl. désigne un vêtement, un tissu ou plus rarement un papier]
1. Froisser en donnant l'apparence d'un chiffon, en faisant de nombreux faux plis. Chiffonner un mouchoir, un billet :
1. Pour l'attirer à lui, il a posé la main sur sa hanche et il s'attarde, à froisser le tissu.
— La belle robe, dit-il, une robe bien troublante, on a envie de la chiffonner...
VAILLAND, Drôle de jeu, 1945, p. 188.
Rem. Le verbe peut se construire à la forme pronom. avec une valeur passive. Les robes se chiffonnent facilement (Lar. 20e). Le vieux livre entr'ouvert dont les pages se chiffonnaient sous mon coude (HUGO, Le Rhin, 1842, p. 24). On rencontre également la forme intrans., rare et vieillie, avec le sens de « ramasser de vieux chiffons, exercer le métier de chiffonnier » :
2. — Figurez-vous d'abord que mon père était chiffonnier...
— Dans ce cas-là, — dit Rose Pompon en riant, — votre père chiffonnait en amateur, et pour l'honneur.
SUE, Le Juif errant, 1844-45, p. 82.
P. métaph. [Les] petits lords Byrons, qui, après avoir chiffonné la vie comme une serviette (BALZAC, La Peau de chagrin, 1831, p. 46).
P. méton., fam. Chiffonner une femme. Causer quelque désordre dans sa toilette en la serrant de trop près, la peloter :
3. Pierre chiffonnait avec grâce les objets de ses soins, les agaçait juste ce qu'il faut avec son agitation; il avait l'embrassade franche, la bouche fraîche...
MORAND, L'Homme pressé, 1941, p. 170.
2. P. antiphrase. Arranger avec goût et habileté des étoffes, des détails de toilette, se livrer à de petits travaux d'aiguille. Elle chiffonnait les dentelles d'un chapeau mieux que les meilleures modistes (MAUPASSANT, Contes et nouvelles, t. 1, Rose, 1884, p. 926).
Emploi abs. Celles qui sont occupées à chiffonner et à pouponner (ALAIN, Propos, 1909, p. 48).
B.— Au fig. [Le compl. désigne une pers.] Préoccuper, tracasser ou contrarier. Ça me chiffonnait d'emmener le gamin (A. DAUDET, Contes du lundi, 1873, p. 84). Cette histoire d'impôt sur le revenu les chiffonnait (ARAGON, Les Beaux quartiers, 1936, p. 83).
Prononc. et Orth. :[], (je) chiffonne []. Ds Ac. 1694-1932. FÉR. Crit. t. 1 1787 propose la graph. chifoner. Étymol. et Hist. 1. 1657 chiffonner (une femme) « déranger la toilette d'une femme en la lutinant » (JEAN OGIER DE GOMBAULD, Épigrammes, livre I, 47); 1673 « froisser (une étoffe, un papier) » (Sévigné, éd. 1735, 321 ds LITTRÉ); 1746 p. anal. air chifoné (LA MORLIÈRE, Angola, hist. indienne, dédic. ds BRUNOT t. 6, p. 1310); 2. 1718 « inquiéter, chagriner » (LE ROUX, Dict. comique, p. 117 ds IGLF); 3. ca 1760 « s'occuper d'ajustements de toilette » (DIDEROT, Neveu de Rameau, 40 ds IGLF); 4. 1866 « ramasser les chiffons dans les rues » (Lar. 19e). Dér. de chiffon; dés. -er. Fréq. abs. littér. :116.
DÉR. 1. Chiffonnable, adj. Qui peut être chiffonné, qui se chiffonne facilement. Hercule habillé en femme d'étoffes chiffonnables (MALRAUX, La Condition humaine, 1933, p. 343). []. 1re attest. 1866 (Lar. 19e); de chiffonner, suff. -able. Fréq. abs. littér. : 1. 2. Chiffonnade, subst. fém., art culin. Feuilles de laitue, d'oseille ou d'une autre plante, coupées en fines lanières et fondues au beurre. Faire à part une chiffonnade de quelques feuilles de laitue coupées en julienne, étuvées au beurre (Les Gdes heures de la cuis. fr., 1955, p. 204). []. 1re attest. 1832 (RAYMOND); de chiffonner, suff. -ade (sur le modèle de différents termes de cuis. en -ade tels que capilotade, croustade, brandade, estouffade). 3. Chiffonnerie, subst. fém. Vêtement, tissu ou assemblage de tissus élégants. L'abbé-ministre n'était pas entièrement brouillé (...) avec les chiffonneries galantes (SAINTE-BEUVE, Causeries du lundi, t. 8, 1851-62, p. 31). Son jupon perdu dans la chiffonnerie parfumée de ses vêtements épars (A. FRANCE, L'Anneau d'améthyste, 1899, p. 308). Seule transcr. ds LITTRÉ : chi-fo-ne-rie. 1re attest. 1853 id.; de chiffonner, suff. -erie.
BBG. — QUEM. 2e s. t. 4 1972 (s.v. chiffonnade). — SAIN. Sources t. 2 1972 [1925], p. 210.

chiffonner [ʃifɔne] v. tr.
ÉTYM. 1650, au sens I, 2, in D. D. L.; de chiffon.
———
I
1 (1673). Froisser, mettre en chiffon. Bouchonner, friper, froisser, plisser; tapon (mettre en). || Chiffonner une robe, un vêtement. Pron. || Tissu qui se chiffonne, qui garde les faux plis.
Par ext. || Chiffonner un papier, une lettre. Froisser.
1 Quelque lettre qu'il déchire ou chiffonne un moment après.
Rousseau, Julie ou la Nouvelle Héloïse, II, 2.
1.1 Le vieux Gisors chiffonna le morceau de papier mal déchiré sur lequel Tchen avait écrit son nom au crayon, et le mit dans la poche de sa robe de chambre.
Malraux, la Condition humaine, Pl., p. 47.
Littér. (Sujet n. de chose) :
2 Le vent à chiffonner les fougères s'amuse (…)
Hugo, la Légende des siècles, XXVI, « Le groupe des Idylles », XXI.
2 Vieilli. || Chiffonner qqn, le bousculer, déranger le bon ordre de ses vêtements. Fam. || Chiffonner une femme, déranger sa toilette en prenant des libertés avec elle.
3 C'est un badin qui la chiffonne.
Gombaud, Épîtres, livre I (1657), dans Richelet.
3 (Abstrait; sujet n. de chose). Mod. Chagriner, contrarier, ennuyer, intriguer, taquiner. || Cette nouvelle le chiffonne. || Cette histoire me chiffonne un peu; ça me chiffonne.Passif. || Être chiffonné par quelque chose (→ ci-dessous, p. p., 3.).
4 (…) tu es une fille discrète, nous avons des secrets ensemble, je puis te dire ce qui me chiffonne l'esprit (…)
Balzac, Albert Savarus, Pl., t. I, p. 825.
———
II Intrans. S'intéresser aux chiffons (5.), s'occuper à de petits travaux de couture. || Elle aime à chiffonner. Chiffonnage, 2.
4.1 Quand un homme n'a plus rien à construire ou à détruire, il est très malheureux. Les femmes, j'entends celles qui sont occupées à chiffonner et à pouponner, ne comprendront sans doute jamais bien pourquoi les hommes vont au café et jouent aux cartes.
Alain, Propos, 29 janv. 1909, L'ennui.
REM. On rencontre ce verbe, en emploi d'auteur, au sens de « faire commerce de chiffons » (→ Brocanter, cit. 1.1).
——————
chiffonné, ée p. p. adj.
1 Froissé. || Étoffe toute chiffonnée. Fripé.
2 (XVIIIe). Fig. || Figure, mine, minois chiffonné : visage fatigué. Dont les traits sont peu réguliers mais agréables.
5 C'était un petit minois éveillé, chiffonné.
Rousseau, les Confessions, V.
6 (…) sa figure (de l'abbé Delille), laide, chiffonnée, animée par son imagination, allait à merveille à la nature coquette de son débit, au caractère de son talent et à sa profession d'abbé.
Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, I, VIII,
7 (…) un nez chiffonné de trottin parisien (…)
Valery Larbaud, Fermina Marquez, V, p. 37.
3 Fig. Contrarié, tracassé. || Il semble tout chiffonné.
CONTR. Défroisser, repasser.
DÉR. Chiffonnade, chiffonnage, chiffonnement.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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  • chiffonner — CHIFFONNER. v. a. Bouchonner, froisser. Chiffonner du linge. Chiffonner un habit. Chiffonner un collet. Il a été dans la presse où on l a tout chiffonné. Chiffonné, ée. participe. [b]f♛/b] On dit familièrement, Une petite mine chiffonnée, en… …   Dictionnaire de l'Académie Française 1798

  • chiffonner — Chiffonner. v. act. Bouchonner, froisser. Chiffonner du linge. chiffonner un habit. elle a esté à la presse on l a toute chiffonnée. à force de noüer & renoüer ces rubans, on les a tout chiffonnez …   Dictionnaire de l'Académie française

  • CHIFFONNER — v. a. Bouchonner, froisser. Chiffonner du linge. Chiffonner un habit. Il a été dans la foule, où on l a tout chiffonné. Chiffonner du papier.   Il signifie encore, familièrement, Déranger l ajustement d une femme. Le vent l a toute chiffonnée.… …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 7eme edition (1835)

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  • chiffonnage — chiffonnement [ ʃifɔnmɑ̃ ] n. m. • 1845; de chiffonner 1 ♦ Rare Action de chiffonner; état de ce qui est chiffonné. On dit aussi CHIFFONNAGE , 1835 . 2 ♦ Fig. Contrariété, léger ennui (⇒ chiffonner, I, 2o ) …   Encyclopédie Universelle

  • friper — [ fripe ] v. tr. <conjug. : 1> • 1534; de fripe, var. dial. a. fr. frepe (XIIIe) « guenilles » ♦ Défraîchir en chiffonnant, en froissant. Friper ses vêtements. Une vieille lettre fripée. Pronom. « Les œuvres exquises des artistes couturiers …   Encyclopédie Universelle


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